Si on s’est croisé durant le Congrès, vous connaissez cette nouvelle. En fait, le titre de ce billet dit tout. Après 15 mois comme bibliothécaire à l’Université de Montréal, j’ai accepté un poste de bibliothécaire chez inLibro. Une entreprise locale de solutions technologiques en logiciels libres pour bibliothèques. Notamment, koha et Drupal.
Je commence officiellement chez inLibro en janvier 2010. D’ici là, je veux m’assurer d’une transition en douceur de mes responsabilités et surtout du projet des thèses et mémoires électroniques auquel je tiens.
Dans les prochaines semaines, je vais tenter d’écrire quelques billets sur ce que j’ai appris et retenu de mon travail sur l’équipe du dépôt institutionnel Papyrus et le libre accès en général.
Le plus gros problème avec JeLis.ca, c’est l’utilisation d’une technologie de DRM. En achetant des fichiers numériques avec DRM, on permet un contrôle externe à l’utilisation de ses documents. L’exemple du Kindle d’Amazon, qui a effacé à distance les livres achetés légalement par les utilisateurs, est encore frais à l’esprit de plusieurs.
Cependant, on n’a pas besoin d’aller très loin pour avoir un autre exemple. Quand Archambault a ouvert sa boutique Zik.ca pour vendre de la musique en format numérique, elle utilisait aussi une technologie de DRM pour les fichiers WMA. Une consultation de la FAQ de Zik.ca nous explique qu’à partir du 15 décembre 2009, ces chansons achetées légalement ne fonctionneront plus. Il conseille de les graver sur des CD sans offrir de les remplacer par des fichiers MP3. C’est complètement absurde!
Si Archambault cesse la vente de livres numériques avec technologie DRM, vont-ils demander d’imprimer votre bibliothèque personnelle avant de fermer l’accès à votre contenu?
L’industrie de la musique a perdu plusieurs années avant de comprendre que le modèle économique derrière la vente de CD ne fonctionnerait plus avec le web. Les éditeurs devront comprendre qu’ils ne vendent plus des livres (objet physique avec du contenu textuel ou visuel), mais du texte numérique qui doit s’arrimer aux modèles économiques du web.
En appliquant une technologie de DRM sur les livres, on en vient à créer de la rareté ou il n’y en a pas. On pousse les consommateurs sur le chemin du piratage plutôt que de lui offrir des alternatives qui respectent sa volonté de consommer des produits culturels. Voici deux extraits du texte sur la réforme du droit d’auteur d’Olivier Chabonneau:
«Les forces économiques qui régissent la culture ne sont pas les mêmes que celles des autres biens de consommation. Produire et vendre des pommes n’est pas comme produire et vendre des livres, des DVD ou de la musique par le simple fait que l’on peut (théoriquement) reproduire à l’infini les oeuvres culturelles. […] Mais généralement, et contrairement aux pommes, plus on consomme de produits culturels, plus on désire en consommer.»
«Contrairement à ce que l’on peut prétendre, plus les oeuvres culturelles sont accessibles, plus les consommateurs vont en consommer.»
Je n’ai qu’un souhait que les gens qui acceptent de consommer via JeLis.ca soient informés des limites que la boutique impose. Qu’ils soient conscients qu’ils payent pour une location prolongée et qu’ils ne seront jamais propriétaires des livres qui se trouvent sur leurs ordinateurs.
« démontre surtout qu’il existe une alternative viable pour les bibliothèques qui désirent accéder à un spectre plus large de fonctionnalités. »
Tristan Muller a publié une nouvelle analyse à l’été 2008. Cette étude comparait les SIGB libresKoha, Evergreen et PMB. Un élément intéressant de cette étude, c’est son évaluation de la communauté de développeurs derrière chacun de ces logiciels.
C’est une des différences entre les logiciels du FLOSS et les logiciels propriétaires. Un logiciel libre a une espérance de vie qui dépendra de la communauté de développeurs qui supporte le développement. Tandis que le cycle de vie d’un logiciel propriétaire dépendra de l’intérêt commercial du fournisseur à conserver son produit sur le marché.
La fin du support pour MultiLis en 2007 et DRA Classic en février 2009, ainsi que la fin du développement pour Horizon en 2010 sont des exemples de SIGB qui sont sous l’influence de l’intérêt commercial de l’entreprise et non de la communauté des développeurs.
C’est une autre différence des SIGB libres. Contrairement à l’équivalent propriétaire qui est lié à une entreprise, les bibliothèques qui utilisent un SIGB libre peuvent changer de fournisseur en conservant le même logiciel. C’est donc la qualité du service offert qui est le facteur dans le choix du fournisseur.
Cette semaine, Daniel Tunkelang pointait un texte de Kas Thomas qui avance l’idée que le format RSS est plus que de l’agrégation, c’est aussi de la personnalisation.
« What this exercise really shows, however, is the power of standards like RSS. This is a point worth emphasizing. As Web content becomes more granular, compositional, and personalizable (not to mention more perishable), subscribability becomes a design consideration. Users want to be able to opt into dynamic content. »
Je suis un avide utilisateur du format RSS. Que ce soit pour mon agrégateur personnel ou pour mes abonnements de baladodiffusion, je les utilise quotidiennement et je les consulte compulsivement.
C’est ainsi que sur la droite de ce billet, vous trouverez mes signets Delicious, mes liens partagés via mon agrégateur RSS, les blogues que je consulte, ainsi que les balados que j’écoute. Les deux premiers sont des sources externes dont j’utilise les flux RSS pour les afficher sur mon blogue. Tandis que les deux derniers sont des sources d’information que je vous conseille.
Je m’aperçois que les blogues qui traitaient de la thématique du Web 2.0 et de la bibliothèque 2.0 occupent beaucoup moins mon attention. Je m’intéresse beaucoup plus aux logiciels utilisés en bibliothèque et les alternatives en logiciels libres. J’ai aussi un regain d’intérêt pour le Web sémantique, aussi appelé Linked Data par certains.
De plus, si vous êtes en mesure de lire ces lignes (via RSS ou directement sur le site) c’est que j’ai réussi le transfert de mon compte WordPress.com vers une installation personnelle de WordPress chez un hébergeur. Je n’avais aucun problème avec la version gratuite, je souhaite seulement avoir plus de flexibilité dans sa gestion. Je vais notamment travailler sur l’apparence visuelle, qui est temporaire pour le moment.
Donc, restez à l’affut des mises à jour, j’ai la tête qui bouillonne de sujets et d’informations à transmettre et mon blogue va continuer d’être l’endroit où je pourrai retranscrire mes réflexions à livre ouvert.
En passant, merci à tous ceux qui m’ont exprimé leur appréciation pour mon blogue, c’est ce type d’encouragement qui me pousse à continuer.