La saison pour être généreux

Le temps des fêtes commence, c’est le moment d’offrir des cadeaux à ses proches. C’est aussi le moment de l’année ou notre générosité est sollicitée pour plusieurs activités. Voici mes suggestions auxquelles j’ai contribué. À vous de trouver par la suite des récipiendaires dignes de vos dons.

Chaque année depuis 10 ans, la Fondation pour l’alphabétisation collecte des livres neufs qui seront donnés à des enfants pauvres âgés de 0 à 12 ans. On m’a présenté la campagne La lecture en cadeau pendant mon passage à l’EBSI. J’y trouve toujours un plaisir à choisir des livres pour enfants. Par contre, je vous encourage à faire vos achats dans des librairies indépendantes et déposer les livres dans les boites qui sont en bibliothèque.

Au niveau culturel, je visite le Centre Canadien d’Architecture depuis quelques années et l’année dernière, je suis devenu « Ami » pour y entrer gratuitement en tout temps. Cette année, l’abonnement est seulement 20$ en raison des célébrations du 20e anniversaire. J’en ai aussi profité pour ajouter un don. Je visite l’endroit trop souvent pour seulement payer l’abonnement annuel.

Pourquoi ne pas faire un don à Wikipédia? C’est probablement le site web sans but lucratif que vous utilisez le plus souvent. Un don à la fondation assure beaucoup plus que l’hébergement d’une encyclopédie sans publicité. Voici la présentation sur le site :

La Wikimedia Foundation, Inc. est une organisation caritative à but non lucratif ayant pour but d’encourager la croissance, le développement et la distribution de contenus libres et multilingues, et de fournir gratuitement au public l’intégralité de ces projets basés sur des wikis. La Wikimedia Foundation fait fonctionner quelques-uns des plus importants projets de l’édition collaborative, en particulier Wikipédia, un des 10 sites le plus visités au monde.

Je dois admettre que c’est Ed Summers qui a inspiré cette action avec son billet remerciant Wikipédia.

Il faut aussi donner à des gens qui en ont vraiment besoin. La guignolée du web se veut la version en ligne des autres campagnes similaires auxquelles nous sommes habituées. Voici l’introduction sur le site:

Donnez! La guignolée du webCroyez-le ou non, certaines personnes n’ont pas accès à Internet et ne peuvent manger trois repas par jour. Mais vous pouvez changer les choses… un clic à la fois!

SCI6123 Gestion des technologies en bibliothèque

Dernièrement, l’EBSI publiait l’horaire pour la session d’hiver 2010 (PDF) sur lequel figurait mon nom. Eh oui, j’ai la chance de donner un tout nouveau cours créé à la suite de la refonte du programme de maîtrise.

Quelques étudiants de l’EBSI m’ont contacté me posant des questions sur le contenu de celui-ci. Voici donc ma tentative de leur faciliter la tâche dans le choix du cours.

Selon le répertoire des cours de l’Université, la description officielle est :

Revue des systèmes et technologies utilisés en bibliothèque. Sélection, évaluation et appel d’offres. Processus d’informatisation et de migration. Gestion et maintenance des systèmes. Normes.

Cependant, les objectifs spécifiques suivants devraient donner un meilleur aperçu du contenu :

  • Connaître les principaux systèmes et technologies utilisés en bibliothèque (systèmes intégrés de gestion de bibliothèques, système de gestion des ressources électroniques, logiciels permettant la mise sur pied de bibliothèques virtuelles et de dépôts institutionnels, systèmes antivol, systèmes d’auto-prêt, réseaux VPN et serveurs proxy, résolveurs de liens, outils de recherche fédérée, outils de clavardage pour la référence, etc.);
  • Évaluer les besoins d’une bibliothèque en termes de systèmes et de technologies;
  • Comprendre les processus d’informatisation et de migration;
  • Connaître les opérations de maintenance et de gestion des systèmes et des technologies utilisés en bibliothèques;
  • Préparer un appel d’offres;
  • Évaluer les systèmes en fonction des besoins d’une bibliothèque;
  • Connaître les principales normes permettant l’interopérabilité entre les systèmes;
  • Connaître le marché des systèmes dédiés aux bibliothèques.

Pour le mode d’évaluation, je n’ai pas encore arrêté mon choix complètement. Je sais seulement que je veux utiliser des moyens qui encouragent une assimilation de la matière plutôt que le « par coeur ». Pour l’instant, je peux affirmer qu’un travail pratique avec un SIGB et un travail final sous forme d’un rapport exécutif seront définitivement dans le plan de cours.

Si vous avez des questions, je vous invite à rajouter des commentaires à la suite de ce billet.

En terminant, je veux préciser que j’encourage le « magasinage » des cours au moment du début de la session. Je ne serai donc pas offensé si vous venez au premier cours et qu’on ne se revoit plus par la suite.

J'ai enregistré mabiblio.ca

Le mercredi 11 novembre s’ouvrait le Premier Congrès des milieux documentaires du Québec. À 13h avait lieu un atelier technique exclusif du Groupe Archambault sous le titre « Le Groupe Archambault inc. et la vente de livres numérique ».

J’ai décidé d’assister à cet atelier pour avoir un aperçu du « pitch de vente » d’Archambault sur les livres numériques à mes collègues du monde des bibliothèques. Après quelques statistiques sur les résultats de Jelis.ca, un VP d’Archambault nous annonce en grande primeur que l’entreprise développe un site de vente en ligne de livres numériques pour les bibliothèques.

Les diapositives font la démonstration d’un site web sous le nom de mabiblio.ca qui reprend le moule visuel de Jelis.ca. J’écoute le VP nous expliquer que mabiblio.ca fonctionnera comme le site d’achat de livres numériques pour les particuliers.

Un peu surpris de la nouvelle, je décide de vérifier la présence du site en question à l’aide de mon ordinateur portable. J’entre mabiblio.ca dans la barre d’adresse de mon navigateur web et j’obtiens un message de « Serveur introuvable ». Je me dis que l’annonce est prématurée et qu’Archambault n’a tout simplement pas créé de redirection ou de page de garde pour l’URL en question. Mon deuxième réflexe est de visiter Whois.net et vérifier si c’est bien Archambault qui est propriétaire de l’adresse. À ma grande surprise, l’adresse est indiquée comme disponible. Je pointe mon écran à ma voisine qui est aussi surprise que moi.

Je continue d’écouter la présentation et je m’aperçois que les impressions d’écrans démontrent des livres qui seront sur mabiblio.ca, mais qui ne sont pas disponible sur Jelis.ca présentement. J’en viens à la conclusion que cette présentation n’est que de la poudre aux yeux. À mon avis, mabiblio.ca était un projet fictif ou inventé en prévision du Congrès pour amadouer mes collègues des bibliothèques dans un climat où le livre numérique est le sujet de l’heure. (Quelqu’un ayant discuté avec Archamabult m’a laissé sous-entendre le contraire le vendredi de la même semaine.)

C’est suite à cette réflexion que j’ai sorti ma carte de crédit et j’ai fait l’achat du nom de domaine mabiblio.ca. C’est pourquoi, depuis le jeudi 12 novembre dernier à 11h, moment ou CIRA a validé mon achat, et jusqu’à la publication de ce billet, les gens qui tentaient de visiter mabiblio.ca aboutissaient sur mon billet: « Les problèmes de Jelis.ca ».

Il n’y a aucune trace des plans d’Archambault avec mabiblio.ca à l’exception des personnes témoins de la présentation. Ce qui laisse libre jeu à ce que le service soit offert sous un tout autre nom. Je ne pourrai donc pas profiter financièrement de la vente de l’adresse, comme certains m’ont suggéré. Archambault est en mesure d’utiliser une autre marque de commerce d’ici au lancement du projet. Entre-temps, j’aurai détourné les visiteurs potentiels du service vers ma critique de Jelis.ca.

En terminant, petit cours 101 sur le web. On ne fait pas une présentation d’un service en mentionnant son adresse URL si on n’a pas enregistré l’adresse URL au préalable.

Je passe chez inLibro

Le Premier Congrès des milieux documentaires du Québec avait lieu la semaine dernière. Je vous invite à lire le mot de bienvenue de Guylaine Beaudry sur cet exploit du milieu associatif de la documentation au Québec.

Si on s’est croisé durant le Congrès, vous connaissez cette nouvelle. En fait, le titre de ce billet dit tout. Après 15 mois comme bibliothécaire à l’Université de Montréal, j’ai accepté un poste de bibliothécaire chez inLibro. Une entreprise locale de solutions technologiques en logiciels libres pour bibliothèques. Notamment, koha et Drupal.

Pour ceux qui ne le savent pas, on m’a embauché en juillet 2008 à l’Université de Montréal pour travailler sur le projet pilote des thèses et mémoires électroniques. Le projet pilote est devenu réalité et fut lancé à l’ensemble des facultés le 1er octobre 2009. Tout fonctionne parfaitement de ce côté. À l’avenir, vous pourrez consulter l’ensemble des thèses et mémoires de l’Université de Montréal via son dépôt institutionnel numérique Papyrus.

Je commence officiellement chez inLibro en janvier 2010. D’ici là, je veux m’assurer d’une transition en douceur de mes responsabilités et surtout du projet des thèses et mémoires électroniques auquel je tiens.

Dans les prochaines semaines, je vais tenter d’écrire quelques billets sur ce que j’ai appris et retenu de mon travail sur l’équipe du dépôt institutionnel Papyrus et le libre accès en général.

Les problèmes de jelis.ca

Photo de livre enchaînés.

Retour vers les livres enchaînés d'autrefois?

Mardi, Archambault lançait sa boutique de livres numériques JeLis.ca. Le communiqué annonce une disponibilité initiale de 20 000 livres numériques et affirme être « la première plateforme de ce genre en Amérique du Nord ». Les réactions initiales sont plutôt mitigées. Les commentaires s’attardent pour la plupart sur les prix qui s’apparentent aux versions papier, des formats de fichier offerts et d’une comparaison avec le Kindle d’Amazon. Dominique Papin remarque aussi des problèmes avec l’expérience d’utilisation et le manque d’information sur la façon d’utiliser le service.

Moi j’ai surtout remarqué que la boutique vend des livres qui sont dans le domaine public. On vous demande de payer 7,72$ pour Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas quand ce livre est disponible gratuitement via le Projet Gutenberg.

Les maudits DRM

Le plus gros problème avec JeLis.ca, c’est l’utilisation d’une technologie de DRM. En achetant des fichiers numériques avec DRM, on permet un contrôle externe à l’utilisation de ses documents. L’exemple du Kindle d’Amazon, qui a effacé à distance les livres achetés légalement par les utilisateurs, est encore frais à l’esprit de plusieurs.

Cependant, on n’a pas besoin d’aller très loin pour avoir un autre exemple. Quand Archambault a ouvert sa boutique Zik.ca pour vendre de la musique en format numérique, elle utilisait aussi une technologie de DRM pour les fichiers WMA. Une consultation de la FAQ de Zik.ca nous explique qu’à partir du 15 décembre 2009, ces chansons achetées légalement ne fonctionneront plus. Il conseille de les graver sur des CD sans offrir de les remplacer par des fichiers MP3. C’est complètement absurde!

Si Archambault cesse la vente de livres numériques avec technologie DRM, vont-ils demander d’imprimer votre bibliothèque personnelle avant de fermer l’accès à votre contenu?

L’industrie de la musique a perdu plusieurs années avant de comprendre que le modèle économique derrière la vente de CD ne fonctionnerait plus avec le web. Les éditeurs devront comprendre qu’ils ne vendent plus des livres (objet physique avec du contenu textuel ou visuel), mais du texte numérique qui doit s’arrimer aux modèles économiques du web.

En appliquant une technologie de DRM sur les livres, on en vient à créer de la rareté ou il n’y en a pas. On pousse les consommateurs sur le chemin du piratage plutôt que de lui offrir des alternatives qui respectent sa volonté de consommer des produits culturels. Voici deux extraits du texte sur la réforme du droit d’auteur d’Olivier Chabonneau:

«Les forces économiques qui régissent la culture ne sont pas les mêmes que celles des autres biens de consommation. Produire et vendre des pommes n’est pas comme produire et vendre des livres, des DVD ou de la musique par le simple fait que l’on peut (théoriquement) reproduire à l’infini les oeuvres culturelles. […] Mais généralement, et contrairement aux pommes, plus on consomme de produits culturels, plus on désire en consommer.»

«Contrairement à ce que l’on peut prétendre, plus les oeuvres culturelles sont accessibles, plus les consommateurs vont en consommer.»

Je n’ai qu’un souhait que les gens qui acceptent de consommer via JeLis.ca soient informés des limites que la boutique impose. Qu’ils soient conscients qu’ils payent pour une location prolongée et qu’ils ne seront jamais propriétaires des livres qui se trouvent sur leurs ordinateurs.

La photo provient est de traceyp3031.